Notre Dame-des-Landes - crédit photo - Romain ETIENNE/ item

LES 4 ET 5 NOVEMBRE :
UN GRAND ABÉCÉDAIRE
POUR DÉFENDRE LA ZAD

4, 5 et 6 novembre, barricades de livres et de mots en attendant de défendre la ZAD

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes est de nouveau menacée d’expulsion pour y construire un aéroport aussi inutile que nuisible. comment investir dans les actions General Motors au France En venant planter un bâton le 8 octobre dernier, des milliers de personnes de tous horizons sont venues prêter serment – le serment de défendre la ZAD en cas d’expulsion en se rendant sur place ou en menant des actions en région.  

Certaines d’ entre-elles, issues du monde des livres, des lettres et des savoirs, se sont retrouvées au Taslu, la nouvelle bibliothèque de la ZAD. En attendant d’avoir à défendre la ZAD, menacée à tout moment d’évacuation, quoi faire ? Nous vous invitons à fabriquer ensemble un abécédaire de la ZAD, de A comme « Aéroport » à Z comme « ZAD ». Il se déroulera en deux temps : lors d’une soirée à Paris vendredi 4 novembre, puis sur la ZAD les 5 et 6 novembre, en collaboration avec des habitant-es de la zone.

Nous proposons d’abord d’apporter le 5-6 novembre au Taslu un livre qui nous tient à coeur, un livre de lutte et d’espoir, comme on apporte une pierre à une barricade. Prêtons ensuite main forte aux divers chantiers en cours. Et puis prenons surtout l’engagement de venir défendre la ZAD ou de participer aux actions décentralisées en cas de tentative d’expulsion.

Pourquoi ?  Nous faisons face dans nos milieux professionnels à des pratiques majoritaires où la richesse et la dignité des savoirs est gangrénée par l’emprise destructrice des pouvoirs financiers ; par un utilitarisme économique qui stérilise la création et la pensée ; par des logiques de compétition, de fragmentation, de précarisation et d' »attractivité » ; par le mépris des élites « intellectuelles » envers l’urgence des enjeux écologiques, la ruralité, et les radicalités politiques ; et enfin par un recul de la démocratie et de la collégialité dans nos institutions où prospèrent les dominations d’argent, de statut et de genre. 

Fin août, des charpentier.e.s se sont rendu.e.s à la ZAD pour construire un bâtiment en bois. Une façon d’interroger les pratiques majoritaires de leur milieu professionnel en mettant au service de la lutte leur savoir-faire. Dans le même esprit, c’est à la création de « zones à défendre de la pensée » que nous voulons appeler en venant sur la ZAD où s’inventent de nouvelles formes de production de savoirs, dégagées des contraintes de hiérarchie, de monopolisation, d’appropriation,  de compétitivité et de rentabilité, dans lesquelles savoirs théoriques et savoirs pratiques sont systématiquement associés – du maraîchage au cinéma, de la radio à l’inventaire de la faune, de la boulangerie à l’histoire des luttes. 

La  ZAD n’est pas une « zone de non droit » : c’est un monde d’aut-organisation, de création de communs hors de la marchandise, d’échange investir en actions General Motors au France de savoirs et d’agriculture paysanne, de féminisme et de solidarité avec les migrants, un monde où se déploient de nouvelles façons d’habiter le territoire et de se soucier du vivant. C’est un puissant terreau qui fertilise les imaginaires politiques, un lieu auquel nous sommes puissamment attachés, une richesse que nous sommes résolus à défendre. 

Les prises de parole commenceront dans l’amphi Furet  le 4 novembre (105 boulevard Raspail, 75006) de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales de 18h à 21h.

Les discussions continueront dans les bus jusqu’à Notre-Dame-des-Landes.

Le départ se fera le samedi 5 novembre à 9h et le retour le dimanche autour de 22h place de la Nation à Paris.

Pour ceux qui souhaitent nous rejoindre d’autres régions, nous pourrons vous mettre en contact pour organiser des co-voiturages.

Chacun.e apportera de quoi contribuer aux repas ; pour les frais de bus, précision à venir, mais prévoir environ 35/40 euros par personne.

Pour faciliter l’organisation, merci de remplir le formulaire ici:
https://framacalc.org/Gu99rvVyaB

Contact : contact@barricades-mots-zad.org

Parmi les premiers participant.e.s et intervenant.e.s confirmés pour la soirée du 4 nov. et/ou le week-end du 5-6 nov. :

Sara Aguiton (sociologue), Santiago Amigorena (écrivain), Genevieve Azam (économiste), Ludivine Bantigny (historienne), François de Beaulieu (naturaliste en lutte), Renaud Bécot (historien), Anne Berger (littérature), Barnabé Binctin (journaliste), Christophe Bonneuil (historien), Jenny Boucart, Houria Bouteldja (militante antiraciste), Fanny Bugnon (historienne), Sylvaine Bulle (sociologue), Claude Calame (anthropologue), Isabelle Cambourakis (éditrice), Denis Chartier (géographe), Eve Chiapello (sociologue), Camille (masterante), Yves Citton (littérature), Jean-Baptiste Comby (sociologue), Catherine Coquio (littérature), Philippe Corcuff (politiste), Nathalie Couix (agronome), Thomas Coutrot (économiste), François Cusset (études américaines), Alain Damasio (écrivain),  Benoît Dauguet (sociologue), Jérôme David (littérature), Nathalie Delhommeau (artactiviste), Christine Delphy (féministe), Philippe Descola (anthropologue), Arlette Farge (historienne), Romain Felli (politiste), Jean Foyer (sociologue), Isabelle Frémaux (artiste activiste habitante de la zad), Jean-Baptiste Fressoz (historien), Vincent Gay (documentaliste), Barbara Glowczewski (anthropologue), Jérôme Gleizes (économiste), Pierre-Henri Gouyon (biologiste), Clement Gravohl (sociologue), Henri Guéguen (habitant des luttes), Anahita Grisoni (sociologue), Emilie Hache (philosophe), Eric Hazan (éditeur), Nicolas Haeringer (chargé de campagne pour 350.org), Quentin Hardy (philosophe), Eric Hazan (éditeur), Institut Momentum,  François Jarriges (historien), Hugues Jallon (éditeur), John Jordan (artiste activiste habitant de la zad), Jean Jouzel (climatologue), Pierre de Jouvancourt (philosophe), Hervé Kempf (journaliste), La Parisienne Libérée, Michel Lallement (sociologue), Sandra Laugier (philosophe), Christophe Laurens (architecte),  Stephane Lavignotte (pasteur), Jane Lecomte (écologue), Francis Lemasson (syndicaliste), Alice Le Roy (journaliste), Tristan Leroy (syndicaliste), Jade Lindgaard (journaliste), Anaëlle Marec (Potager de Nantes),  Laurence Marty (sociologue), Lilian Mathieu (sociologue), Dominique Méda (sociologue), Beatrice Mesini (géographe), Helene Merlin-Kajman (littérature), Béatrice Mesini (géographe), Baptiste Monsaingeon (sociologue), Jean-Luc Nancy (philosophe), Albert Ogien (sociologue), Amilcar Packer (philosophe), Marc Perrin (poète), Laurence Petit Jouvet (documentariste), Geoffrey Pleyers (sociologue), PotageX de Nantes, Geneviève Pruvost (sociologue), Nathalie Quintane (écrivaine), Marc Robert (chimiste), Marie-Monique Robin (journaliste), Kristin Ross (littérature), Les Scotcheuses (collectif de cinéastes), Bruno Serralongue (artiste), Yves Sintomer (politiste), Omar Slaouti (enseignant), les amis du Taslu (habitant-e-s de la zad), Chantal Spitz (écrivaine), Jacques Testart (biologiste), Alexis Tiouka (activiste amérindien de Guyane), Sezin Topçu (sociologue), Jean-Louis Tornatore (anthropologue), Aurélie Trouvé (agronome), Sophie Wahnich (historienne) et d’autres encore.

Soutiennent également l’initiative (sans pouvoir être présent.e.s) : Genevieve Azam (économiste), Alain Damasio (romancier), Nathalie Quintane (femme de lettres), Michèle Riot-Sarcey (historienne), Arlette Farge (historienne), Nacira Guénif (sociologue et anthropologue), Marc Robert (chimiste), Frédéric Neyrat (philosophe), Jean-Baptiste Fressoz (historien), Quentin Couix (doctorant), Dominique Meda (sociologue), Marie-Monique Robin (journaliste et cinéaste), François Jarrige (historien), Fabrice Flipo (philosophe)…

Parmi les donatrices de livres : Collection Anthropocène des Editions du Seuil, Editions indigènes, Editions de l’Echapée, revue Multitude…

November 4th, 5th and 6th, barricades of books and words while waiting to defend the zad

 

The zad of Notre-Dame-des-Landes is once again threatened with evacuation in order that an airport, as useless as it is harmful, be built in its place.   By coming  to plant sticks and staffs on October 8th, thousands of people from all walks of life pledged to defend the zad in case of expulsion by returning there or by organizing actions of various sorts in their own areas.

Some of them, based in the world of books, letters, and learning, gathered at Taslu, the zad’s new library.  In the interim, before having to defend the zad, what was to be done?  We invite you to help construct an alphabet of the zad, from “A” for “airport” to “Z” for “zad.”  It will take place in two moments:  during an evening in Paris on November 4th, and then continuing at the zad on Novembers 5th and 6th, in collaboration with the zone’s inhabitants.

We also propose bringing to Taslu a book that we care deeply about, a book of hope  and struggle,  investir en actions General Motors as one might bring a stone to a barricade. Then let us lend a hand in the ongoing building projects there.  And above all we confirm our intention to come defend the zad or participate in decentralized activities in the case of an attempted evacuation.

Why?  We confront in our own workplaces a world where the richness and dignity of learning is corrupted by the destructive power of financial interests; where economic utilitarianism sterilizes thinking and creation; where logics of competition, fragmentation, insecurity and “attractiveness” dominate; where contempt is shown by intellectual elites for ecological issues, the countryside, and radical politics; all this amidst a waning of democracy and collegiality in our institutions dominated by money, status, and gender.

At the end of August, carpenters came to the zad to erect a wooden building.  This was one way of putting into question the prevalent practices in their professional world by using their skills and know-how to serve an ongoing struggle.  In the same spirit, we would like to call for the creation of “zads of thought” by coming to a place where new forms of the production of knowledge are invented, freed from the constraints of hierarchy,  monopolization, appropriation, competition and  profit in which knowledge and theory are customarily associated—from truck-gardening to cinema, from radio to plant inventories,  from bakeries to the history of struggles.

The zad is not a “lawless zone;” it is a world of self-organization, of making common, of exchanging knowledge and peasant agriculture, of feminism and solidarity with migrants, a world where new ways of inhabiting a territory and of caring for the life there are flourishing.  It is a powerful compost that fertilizes political imaginaries, a place we care about deeply, a richness we are resolved to defend.

The talks and remarks will begin at the Furet amphitheater (105 boulevard Raspail, 75006) of the Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales from 6:00 to 9:00PM.  The discussions will continue in the bus to Notre-Dame-des-Landes.  We will depart on Saturday the 5th at 9:00AM and return Sunday around 10:00PM Place de la Nation, Paris. For those who wish to join us from other regions, we can put you into contact with others to arrange car transport.

Barricadas de livros e palavras em defesa da ZAD

Dias 4, 5 e 6 de novembro, barricadas de livros e palavras em defesa da ZAD (Zona a defender).

Novamente, a ZAD de Notre-Dame-des-Landes está sendo ameaçada de expulsão para a construção de um aeroporto tão inútil quanto prejudicial. No 8 de outubro, milhões de pessoas vindas de todos os horizontes vieram fincar varas no chão e conjurar – conjurar o compomiso de defender a ZAD em caso de expulsão, vindo até o lugar ou por meio de ações na região.

Algumas dessas pessoas, vindas do mundo dos livros, das letras e dos saberes, se encontraram no Taslu, a nova biblioteca da ZAD. O que fazer à espera da defesa da ZAD, a todo momento ameaçada de evacuação? Conidamos vocês a fabricar um abecedário da ZAD, a partir de A de “aeroporto” até Z de “ZAD”.Isso acontecerá em dois momenyos: durante a noite do 4 de novembro em Paris, e depois na ZAD durantes os dias 5 e 6 de novembre, em colaboração com as habitantes da Zona.

Primeiramente, propomos levar nos dias 5 e 6 no Taslu, um livro que nos é caro, um livro de luta e de esperança, comme se leva uma pedra a uma barricada. Emprestemos em seguida mãos fortes aos diversos terrenos de trabalho em curso. E então, tomemos sobretudo o engajamento de vir defender a ZAD ou participar nas ações decentralizadas em caso de tentativa de expulsão.

Porquê? Enfrentamos em nossos meios profissionais práticas majoritárias onde a riqueza e a dignidade dos saberes gangrena pela destruidora empreitada dos poderes financeiros; pelo utilitarismo econômico que esteriliza a criação e o pensamento; por meio de lógicas de competição, de fragmentação, de precarização de “atratividade”; pelo desprezo das elites “intelectuais” em relação às urgências das questões ecológicas, da ruralidade, e as radicalidads políticas; et por fim, por um recúo da democracia e do colegiado em nossas instituições onde prosperam as dominações de dinheiro, de status e de gênero.

No fim de agosto, carpinteiros foram à ZAD para fazer uma construção em madeira. Uma maneira de questionar as práticas maioritárias de seu meio profissional colocando ao serviço da luta seus saber-fazeres. No mesmo espírito, é à criação de “zonas a defender do pensamento” que nos queremos convocar vindo a ZAD onde se inventam novas formas de produção de saberes, liberadas das restrições de hierarquia, de monopolização, de apropriação, de competitividade e de rentabilidade, aos quais os saberes teóricos e os saberes práticos estáo sistematicamente associados – da jardinagem ao cinema, da rádio ao inventário da fauna, da panificação à história das lutas.

A ZAD não é uma “zona de não direito”: e um mundo de auto-organização, de criação de comuns for da mercadoria, de trocas de saberes e de agricultura camponesa, de feminismo e de solidariedade com os imigrantes, um mundo onde se desdobram novas maneiras de habitar o território e de cuidado com o vivo. É um potente adubo que fertiliza os imaginários políticos, um lugar ao qual estamos potentemente conectados, uma risqueza que estamos decididos a defender.

As falas irão começar no anfiteatro Furet no 4 novembre (105 boulevard Raspail, Paris, 75006) da Escola de Altos Estudos em Ciências socias entre as 18hs e as 21hs.

As discussões irão continuar no ônibus até Notre-Dame-des-Landes. A saida está prevista para o sábado dia 5 de novembro às 9hs e o retorno, no domingo entre 22 hs na praça de Nation em Paris.Para aquel_s de outras regiões que desejarem se juntar a nós, podemos ajudar na organização de caronas.

Cada um deverá contribuir para as refeições; para os custos de transporte, ainda em estimação, perver entre 35 e 4- euros por pessoa.
Para facilitar a organização, agradecemos o preenchimento do formulário:

https://framacalc.org/Gu99rvVyaB

 

 

 

(photographie : Notre Dame-des-Landes – crédit photo – Romain ETIENNE/ item)